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Ciry-Salsogne

CIRY-SALSOGNE

   Commune issue de la fusion des deux villages Ciry et Salsogne par un arrêté du district de Soissons en date du 14 juin 1792.   4 juillet 1792: fête à Ciry.

   8 juillet 1792: réunion pour l'élection du maire.

   Registre des délibérations du conseil municipal:

   "Aujourd'hui, 16 juin 1793, an 2 de la République, le Procureur de notre commune a mis sous les yeux du conseil général de ladite commune, qu'il serait urgent de dresser une pétition par nous maire et officiers municipaux de la commune de Ciry-Salsogne au sujet des habitants de la commune de Sermoise à l'effet de pouvoir faire la réunion des deux communes, par une pétition présentée aux citoyens administrateurs du district de Soissons ».

G.Toupet, maire- Le Roy, officier- Voyeux, officier- S.Lobligeois, officier- Pottier- Dumont- Blavier- Droux- Durin, greffier."

   Question ayant été soulevée plus tard par l'administration préfectorale (1802).

   "Ce jourd'hui 9 novembre, l'an 1er de la République française (1792) les membres du conseil général de la commune convoqués extraordinairement et réunis tous ensemble en la salle commune à l'exception des citoyens Pierre Pottier et Jacques Delaplace en convoi pour l'armée, le procureur de la commune (Jean-Laurent Padoi) s'est levé et a dit:

   "Je vous dénonce une entreprise bien extraordinaire de la part des habitants du hameau de Sermoise pendant les journées d'hier et d'avant-hier, ils ont parcouru au son continuel du tambour la plus grande partie de notre territoire, venant jusqu'aux haies de nos maisons; ils se sont partagés entre eux tout ce qu'ils ont trouvé de savarts, terrains vagues, caniveaux, superflus de chemins et ce qui vous paraîtra bien plus inconcevable encore, la seule et unique pâture commune à toute la paroisse depuis un temps immémorable; ils ont jeté la chaine et disposé des trous pour y placer des bornes; et je suis informé qu'ils se disposent à y mettre la charrue, cette dernière voie de fait qui priverait de nourriture nos troupeaux pendant plusieurs années et qui sans ce rapport aurait des suites bien plus funestes que les autres qui ne produiront sans doute pas plus d'effet qu'une parade théâtrale, m'a déterminé à vous convoquer extraordinairement pour que vous avisiez au moyen d'arrêter le plus promptement possible des usurpations singulièrement préjudiciables à la commune. La matière mise en délibération, le conseil général a arrêté qu'à la diligence du procureur de la commune, il sera incessamment décerné les assignations, défenses et autres procédures qui seront nécessaires pour arrêter l'effet des usurpations et voies de fait que se sont permis les habitants de Sermoise et les empêcher de s'en permettre des pareilles à l'avenir, après avoir au préalable requis s'il y a lieu autorisations des citoyens administrateurs; il sera ensuite avisé à tous les moyens d'amener les habitants de Sermoise à partager s'il y a lieu à l'amiable et également entre tous ceux qui y ont droit les savarts et autres biens communaux situés sur toute l'étendue du territoire des 2 communes qui n'ont fait qu'une pendant un très long temps, qui par leur proximité paraissent ne devoir faire qu'une société de frères; qu'il sera délivré un extrait au procureur et à Simon Lobligeois pour s'en servir d'autorisation et de garantie dans toutes les poursuites et dépenses qu'ils seront obligés de faire dans la présente affaire. Et ont signé.""

   3 août 1793 : Vol à l’église des vases sacrés.

   20 octobre 1793 : Descente de 2 cloches sur 3.

   1799: Christophe de Pompery (fils de Louis-Charles Ier de Pompery) est nommé maire; il démissionnera en 1811.

   29 Pluviose An 10 (17 février 1801), le rapport du conseil présente les cas de réparations urgentes et indispensables :

  -Le chemin de la montagne de Ciry

  -Celui de la montagne St Jean

  -La partie du chemin qui conduit du village à la grande route à partir du lieu-dit la Couture jusqu’à l’entrée de la rue St Médard.

  -Le chemin qui conduit de la maison du citoyen Pompery à la même rue.

  -Le chemin montant du rû du Blocq à l’église.

  -Le chemin à partir de la porte Vervins jusqu’au pied de la montagne de Salsogne dont une partie sert de route de Vailly à Fère.

  -La partie du chemin de la Couture, le plus fréquenté de tous puisque c’est la principale voie mais où se trouve une espèce de fondrière qui ne peut être traversée sans le plus grand danger pour les chevaux et même les hommes. Pour les réparations, le Maire a été autorisé à exiger de chaque habitant journalier deux journées de main d’œuvre et ceux ayant des chevaux et voiture, deux journées par cheval ou payer à un journalier 0,75 Fr ; un homme, un cheval et sa voiture 3 Fr ; un homme, deux chevaux et la voiture 5 Fr ; un chariot à quatre chevaux, 10 Fr.

   Mêmes décisions An 11 et 12.

   Le 4 messidor an XI (23 juin 1803), une ordonnance de police du maire de Ciry "arreste que les cabarets seront fermés dimanches et fêtes chaumées, excepté aux voyageurs. Deffenses sont faites de danser ny de tenir des jeux publiques les dimanches et fêtes pendant la messe et les Vêpres sous peine aux contrevenants d'être cité à la justice de paix du canton."

C. Pompery, Maire

   Le 15 août 1806, conformément à la circulaire de Mr le Préfet et sur l'invitation du clergé, Mr le Maire et l'adjoint se sont rendus à 04h00 de l'après-diner à l'église paroissiale pour assister à la procession solennelle qui devait avoir lieu; avant la procession, Mr le curé a prononcé un discours simple et touchant dans lequel, après avoir exposé les différents objets de la fête et de la joye publique qu'elle devait exciter, il a fait l'éloge du St patron de l'Empereur, des hautes qualités et des prodiges qui nous remplissent d'admiration pour ce héros incomparable.

   La procession et le Te Deum ont été accompagnés de toute la pompe qu'il a été possible d'y apporter, cette cérémonie n'ayant été terminée qu'aux approches de la nuit, le Maire a cru devoir remettre les jeux au dimanche 17 août, le public en a été prévenu de suite.

   Le dimanche 17 août, la fête a commencé à 01h00 de l'après-diner. Le Maire a ouvert la danse publique avec la fille de l'adjoint; les violons ont continué à amuser la jeunesse le reste du jour et on a distribué des rafraichissements aux danseurs. Le jeu de Tamis étant celui le plus fréquenté par les hommes de la paroisse, on les a réunis sur le local ordinaire et ont leur a fait porter aussi des rafraichissements.

   Les femmes ont eu aussi leurs amusements; on a suspendu une oie et celle qui a eu l'adresse de l'abattre l'a emportée pour sa récompense.

   Les enfants ont fait des courses à pieds à cinq fois différentes; on a placé une pièce d'argent sur un piquet placé au loin et elle a été pour celui qui est arrivé le premier. 6 vieillards et 4 militaires réformés ont été invités à se rendre à l'auberge où on leur a distribué chacun leur bouteille de vin pour les mettre à même de boire à la santé de l'Empereur. Les jeux se sont prolongés jusqu'à la nuit, alors on a allumé un feu de joye qui avait été disposé et placé sur la pointe d'une hauteur dominant toute la paroisse et plusieurs lieues de la vallée; on a entendu jusqu'à son extinction ces cris déjà souvent répétés dans cette journée: vive Bonaparte, vive l'Empereur. De tout quoi, nous avons rédigé le présent procès-verbal pour être envoyé aux autorités.

A Ciry, ce 17 août 1806

C.Pompery, Maire.

   "Aujourd'hui 26 juillet 1807, nous, Maire de Ciry-Salsogne, considérant que le jeu de Tamis qui se fait ordinairement dans ladite commune rue Haute, au-dessus de l'église occasionne les plus grands inconvénients, que les passants n'y passent pas sans danger, que plusieurs ont reçu des balles, et sur leurs plaintes ont été insultés par les joueurs; que ce jeu occasionne pour la maison de Mme Charpentier une servitude insupportable en bonne police, qui est qu'on force cette dame à tenir sa porte ouverte ou qu'on franchit ses murs pour avoir les balles tombées dans sa cour,

   Arrête ce qui suit:

   Il est défendu à tout joueur de Tamis de ne plus à l'avenir jouer au lieu ordinaire lieu-dit la rue Haute; ces sortes de jeux ne pourront plus avoir lieu, à dater d'aujourd'hui, ailleurs, pour Ciry que dans la partie du chemin qui sortant du village conduit à la Glaux, et pour Salsogne dans celle qui est au-dessous de la maison de Mr Bernier allant à Vasseny. Si mieux même les joueurs établir leur jeu en pleine campagne où ils ne nuiront à personne.

   Sera le présent arrêté publié dans le jour à l'issue de la messe au lieu ordinaire des publications; l'adjoint et le garde-champêtre tiendront la main à son exécution.

Ciry-Salsogne jour et an susdits

C.Pompery, Maire

 

   1810: Napoléon passe par Ciry pour aller à la rencontre de Marie-Louise d'Autriche à Courcelles, pour leur première rencontre.

   11 février 1813 : Il faudrait deux toises de pierre et 8 journées d’ouvrier nécessaires pour faire disparaitre une crouillère extrêmement dangereuse au chemin des prêtres.

  -Une roche encombre le chemin principal de la montagne de Ciry.

  -Un empierrement sur le chemin depuis l’église à la grande route demanderait 10 toises de pierres pour les parties les plus mauvaises.

   13 février 1814: Les cosaques, occupant déjà Vailly, arrivent à Ciry par le pont de Quincampoix resté intact. Les troupes napoléoniennes apparaissent à leur tour. On se bat à Quincampoix. Les troupes des puissances alliées entrent dans notre commune et en ce jour, notre ruine est complète. Personnes et propriétés, rien ne fut respecté. Non seulement, on a enlevé de nos maisons tout notre mobilier, on nous a dépouillé des habits qui nous couvraient, plusieurs d’entre nous ont été chassés nus avec leurs femmes et leurs enfants. Réduits à abandonner nos tristes demeures, nous avons erré pendant près de 3 mois dans les bois et dans les carrières, souffrant la faim, la soif et le froid.

   14 février 1814 : L’armée russe défile pendant 24h sur la grande route. En se retirant, les Français, au nombre de 7 à 8000 cavaliers logèrent à Ciry et à Sermoise.

   Fin février 1814, l’ennemi se servait du pont de Quincampoix pour se répandre sur la rive gauche de l’Aisne, y ramasser des grains et autres denrées. Il y avait une grande quantité de farines à Quincampoix.

   Le 4 mars, un convoi impressionnant de caissons et de chariots russes passe (Gal Sacken) et se retrouvent face aux avant-gardes françaises à Braine.

   C'est sans doute avec ces troupes que Parquin eut à livrer un combat dont nous empruntons le récit à ses Souvenirs :

   « Le 5 mars, étant envoyé en reconnaissance par le général Colbert contre l'ennemi, sur la route de Fismes, l'officier commandant la troupe d'avant-garde poursuivit quelques éclaireurs cosaques et passa imprudemment avec son peloton le défilé des moulins de Quincampoix ; je dus le soutenir avec les trois autres pelotons de mon escadron, et je m'aperçus alors que j'avais sur les bras des forces excessivement supérieures. Je n'étais d'ailleurs pas envoyé pour combattre l'ennemi, mais pour le reconnaître; j'ordonnai de repasser le défilé, mais l'ennemi, tandis que j'effectuais ce passage qu'on ne pouvait faire qu'au pas, par un, m'avait débordé et gagné de vitesse sur la route de Soissons. Aussi dus-je traverser à peu près 500 Cosaques du corps d’armée sous les ordres du général Winzingérode. Je ne pus traverser toute cette nuée de cavalerie qu’en faisant de grandes pertes. J'eus à regretter en effet deux officiers pris et blessés, M. de Montalembert, fils du questeur de la Chambre des députés, et M. Lacrosse, fils de l'amiral de ce nom, aujourd'hui député, plus 43 chasseurs de mon escadron, tués, pris ou blessés. Moi-même je reçus un coup de lance au bras. »

Dans la soirée, le major Bro était établi à Sermoise avec 442 chevaux, 225 hommes du 7e voltigeurs de la jeune garde et quatre bouches à feu. Il avait organisé toute une chaîne de patrouilles, envoyé 50 chevaux dans la direction de Braine, placé un poste à Vénizel en vue de communiquer avec le général Grouvel, ce qu'on ne put faire, Bucy-le-Long étant occupé par l'ennemi. Le major fit aussi rétablir avec des moyens de fortune le pont de Quincampoix qui avait été détruit.

   S'en suivra la bataille de Craonne, le 7 mars 1814. Napoléon abdique le 6 avril...

   22 mars 1814 : Marie Marguerite Cressiot (72 ans) épouse de Pierre Thinot, malade, décède par l’effet du feu mis à la maison par les cosaques.

   3 avril 1814 : décès de Jean François Delaplace blessé à la cuisse à la bataille de Laon.

   Les cosaques, ces cavaliers russes à demi-civilisés occupent la région. Les habitants n'avaient pas fui; chassés dans la neige à coup de fouet, ils virent leurs caves vidées, leurs habitations pillées et démolies. Beaucoup se réfugièrent dans les creutes St Jean.

   Jeudi 05 juin 1817: Affaire de Quincampoix/de la Demi-lune. Complot dénommé par dérision "expédition des roulières1"; partisans de Bonaparte et visant à le rétablir.

   15 mars 1818 : Le conseil se réuni ; Mr Claude Amédée Barbereux, Maire, démontre qu’il est inconvenant :

   Que le jeu de main (tamis) se fasse en face de la porte de l’église car les voisins doivent supporter la casse des carreaux et des tuiles et doivent laisser leur porte ouverte pour que les joueurs puissent reprendre les balles. De plus, les passants courent le danger d’être blessés par les balles.

   Il manque donc une place publique. Le maire et plusieurs habitants font don à la commune des terrains nécessaires à cette place.

   18 janvier 1821 : Le Maire a exposé que depuis longtemps le ravin de la Martroye de Salsogne causait des accidents nombreux dont les plus préjudiciables étaient d’obstruer la grande route de Reims au cassis de Quincampoix par des amoncellements de sable que les voitures ne peuvent franchir qu’avec la plus grande difficulté.

   1825: Charles X traverse Ciry après son sacre à Reims.

   1832: L'épidémie de choléra n'épargne pas Ciry.

   25 février 1833: Ordonnance qui autorise l'acceptation des legs par M.Miaux, de 60 francs de rente sur l'Etat, fait aux pauvres de Ciry-Salsogne.

   07 juin 1833: Ordonnance du Roi qui autorise l'acceptation par les fabriques des églises de Ciry-Salsogne et Sermoise, du legs d'une rente de 100 francs fait à chaque établissement par le sieur Miaux.

   20 mars 1833: Ordonnance du Roi qui autorise le Maire de Ciry-Salsogne à accepter le legs fait à cette commune par M.Miaux, d'une somme de 2400 francs pour aider à l'acquisition ou à la construction d'un presbytère.

   1835: Les haricots de Ciry sont élevés par sillons et sont parmi les plus estimés.     Création de la sucrerie.

   1836: La sucrerie d'Antoine de Pompery tourne à plein régime.

   1840: Lancement d'une étude pour l'irrigation de terrains d'une superficie de 110 hectares appartenant à M. de Pompery. L'eau provenait de la Vesle et la hauteur à laquelle il fallait l'élever était de 4 mètres en amont de ces terrains. Il était donc impossible d'amener l'eau par un canal. Il fallait donc établir une machine motrice et une machine élévatoire.

   Un canal de 800 mètres de longueur, comprenant, dans ce développement, le canal d'amenée et le canal de fuite des machines hydrauliques, et un barrage sur la rivière, donnèrent, en coupant un coude très sinueux de la Vesle, une chute de 2,30m en moyenne et une force totale de 40 chevaux à l'étiage.

   L'opération que M. de Pompery avait en vue était la conversion de terres sablonneuses, très légères, produisant de maigres récoltes de seigle et d'avoine, en prairies naturelles d'un revenu beaucoup plus considérable.

   Prix de revient des travaux à l'hectare:

-travaux d'art et machines                          653Frcs

-terrassements, rigoles et nivellements    255

-ensemencement                                           92

Total                                                          1000Frcs

   Ces travaux réalisés, le rendement minimum des terres est de 1500 bottes de foin de 5kg par hectare. Le prix de 100 bottes est de 25F; le revenu brut par hectare est donc de 375F.

   La machine de Salsogne fut établie dans la prévision d'un arrosage tous les quinze jours au plus, en attribuant 2500m3 par hectare afin de tenir compte de la grande perméabilité du terrain (sable). Cette quantité diminue graduellement au fur et à mesure que l'enherbement prend plus de force et d'accroissement; au bout de 2 ou 3 ans, 800m3 suffisent.

   1848 : Vote pour la construction du lavoir de Salsogne.

   1849 : Vote pour l’installation du nouveau cimetière.

   1851 : Acquisition d’une pompe à incendie.

   1855 : Etablissement d’une conduite d’eau du ruisseau du Blocq à la sucrerie. Pour alimenter cette dernière, on installe un glissoire dans la Martroy reliant directement les champs du plateau à l’usine.

   1856 : Remplacement de l’ancienne horloge qui datait de 1730.

   1859: La Compagnie des Ardennes lance son projet d'établir, au lieu-dit la Demi-Lune, en face de Quincampoix, la gare d'entre Braine et Soissons. Les habitants protestent mais finissent par accepter.

   1861 : Construction du lavoir de Ciry.

   Les haricots les plus recherchés à Paris et dans les provinces voisines, viennent des environs de Soissons. Les territoires qui produisent les meilleurs haricots de Soissons sont ceux de Ciry-Salsogne, Vasseny, Chassemy, Sermoise et Augy.

   1864 : Forage du puits de la Plaine.

   1867 : Construction du chemin de Salsogne à la gare.

   1868: Au moulin de Quincampoix se voient encore les vestiges d'un pont romain.

   Mr Antoine de Pompery (1795-1873): Ancien maire, il fut un des hommes les plus entreprenants du canton de Braine. Après avoir essayé des barrages d'irrigation sur la Vesle, dans la vue d'augmenter le produit des riches terres et des prairies qui sont situées dans cette région; il songera ensuite à créer une fabrique de sucre.

   1877 : Voyeux Jean Crépin est arpenteur-géomètre à Ciry.

   Le 4 septembre 1890, Mr F.Moreau commence des fouilles dans les gravières et elles se poursuivront jusqu'au 8 août 1892. Huit bracelets de schiste et de fer sont retrouvés dans une sépulture au lieu-dit La Saule Bayer, le 20 octobre 1890. L'un des bracelets est d'environ 3cm de largeur et porte à l'extérieur des moulures ou dessins circulaires. Les parures sont retrouvées à 60cm de profondeur. Seront ensuite trouvés: un torque de bronze torsadé, un poignard dans un fourreau de fer et de beaux vases avec décors incisés, des gobelets caliciformes du type élancé, un vase en céramique du Vè siècle av JC au col décoré de motifs incisés et de nombreux autres objets. En 1892, du mobilier funéraire d'une sépulture gallo-hippique est trouvé aux grévières. En 1912, au lieu-dit La Fosse Chapelet, sont retrouvés, un anneau de fer, deux petits objets de toilette et des fibules réunies par une chaînette de bronze. Les balastières (exploitées par MM Cheval, Leloutre Michel) ont fourni à cette époque des sépultures ainsi qu'un important mobilier de l'âge de fer et ont livré également quelques vestiges appartenant à un Rubané assez tardif: tesson à anse.

   1887: Bègue est meunier au moulin de Quincampoix.


   1888:

Etendue superficielle 20 hectares

Territoire 890 hectares.

Terroir 810 hectares

La commune comprend :

   -quatre hameaux qui sont :

       -Salsogne

      -La Demi-lune

      -La gare

      -Les carrières

   -six petites fermes :

      -une à Ciry

      -une à St Jean

      -une à Salsogne

      -une à la gare

      -deux dans la Plaine

   -deux écarts :

      -l’important moulin à eau de Quincampoix

      -la limerie de Saint Pierre les Ciry

   -des lieux-dits :

      -au nord, les Blanches Vignes, les Epinois, l’Apothicaire, la Cour Maçonneuse et la Bouche à Vesle.

      -à l’est, la Martroye Brouillards

      -au sud, derrière St Jean, le Petit Noyer, le Dessus de la Haute D’Huisy et le moulin à Vent.

      -à l’ouest, la Pelle à Feu, la Maison Vieillard et les Fondreux.

Le terrain se compose, au nord, dans la plaine, d’une couche de terre végétale de 0,50 à 1 mètre d’épaisseur, cette couche en recouvre une autre de grève de 6 à 10 mètres .

La commune est parcourue du sud au nord-est par le Fossé des Epinois, ce ruisseau limpide ne tarit jamais ; il prend sa source au pied du plateau et se jette dans la Vesle, rive gauche, terroir de Ciry-Salsogne.

Les bois couvrent la pente du plateau sur une superficie de 50 hectares ; leurs principales essences sont le coudrier, le bouleau, l’orme, le chêne et l’acacia.

Faune : lapin, lièvre, renard

Flore : cerisier, prunier, noyer, pommier, abricotier, pêcher, poirier, etc…

562 habitants

Les habitants de Ciry sont presque tous cultivateurs ; ils tiennent de leurs travaux et de l’air pur qu’ils respirent dans leurs champs et dans leurs bois, une constitution sinon robuste du moins solide et saine. Ils se nourrissent des produits de leurs basses cours et de leurs champs. Cette manière rustique et simple de vivre et de travailler contribue à leur longévité assez remarquable. Il n’est pas rare de trouver ici en moyenne cinq ou six octogénaires. Leur caractère et leurs mœurs ont de l’analogie avec leur manière de vivre ; ils n’ont point de jeux. Leur language est assez correct, dans la conversation, leur ton est un peu chantant et flatteur. L’instruction n’est pas mauvaise, elle s’améliore sensiblement depuis quelques temps, comme partout d’ailleurs.

Le lieu-dit la Plaine est traversé de l’est à l’ouest par une chaussée Brunehaut, cette chaussée est disparue en partie par suite de l’enlèvement des matériaux qui ont servi à sa construction.

Il est à supposer que la Plaine a été pendant la période gallo-romaine ou sous les descendants de Clovis, le théâtre de luttes grossières, on y retrouve en extrayant la grève ou en cultivant le sol, des silex taillés, couteaux, hachettes, cornes ou pointes de flèches, etc… On ne pourrait dire au juste si ce fut là l’emplacement d’un camp ou d’un cimetière, car le peu de débris de tombeaux  et d’ossements qu’on a jusqu’alors mis au jour laissent dans l’alternative.

La commune possède une église sous le vocable de St Martin. La fête patronale a lieu au mois de juillet à la saint Martin d’été.

La longueur de l’église est d’environ 30 mètres à l’intérieur. Ce monument a à peu près la forme d’un rectangle et date du XVIIe siècle, il est de style Louis XIII.  Avant la Révolution le chœur de l’église appartenait à l’Abbaye de Coincy et la nef au chapitre de Soissons. L’un et l’autre venaient chaque année toucher leur redevance.

La gare est construite sur l’emplacement  d’une ancienne abbaye qui appartenait à l’ordre des moines rouges ; on n’a retrouvé que les fondations ; il aurait été détruit avant la Révolution. Il existe au hameau de Salsogne un énorme tilleul, très ancien, au pied duquel se trouve une grosse pierre. Cette pierre, d’après la légende, aurait servi pour attacher les serfs que le seigneur voulait châtier.

On remarque encore à Salsogne un ancien château de peu d’importance, il date de 1560 environ. Ce château n’est pas fortifié et mesure 35 mètres de longueur sur 15 mètres de largeur. D’après la tradition, il aurait été construit par le Comte d’Egmont et habité plus tard par le Chevalier de Pompery d’un caractère violent et redouté, et ensuite par ses descendants les de Pompery et de Curten actuellement.

L’état des terres de la commune est satisfaisant. Le terroir est divisé en 8414 parcelles, chaque propriétaire a intérêt à en soigner la culture et à demander à la terre le plus qu’elle peut produire puisqu’il ne vit que de ses récoltes. L’assolement a lieu comme dans beaucoup d’autres pays, c’est-à-dire qu’à une culture épuisante succède une culture améliorante.

Il n’est pas rare, aussitôt la récolte d’un champ  de betteraves terminée, de voir un paysan remuer sa terre avec une houe, et une femme un panier au bras semer du blé ou une autre céréale à la volée.

On ne rencontre guère de jachères. Les principaux engrais sont les engrais ordinaires comme le fumier et le purin, les autres sont peu employés.

Les instruments aratoires dont on se sert sont : la herse à cuillers, la herse à dents en bois et en fer, la charrue, le rouleau, le scarificateur, les houes à bras et à cheval, le crosskil, le buttoir, le semoir, etc…

Les céréales sont le blé, le seigle, l’orge, l’avoine, le sarrazin.

Il existe deux prairies artificielles de peu d’importance.

Le pays est riche en arbres fruitiers tels que :

La vigne y est d’un rendement assez productif, la récolte annuelle est d’environ 200 hectolitres.

La culture de la betterave se fait en grand, on l’évalue à environ 50 hectares. On cultive le haricot de Soissons et toute une variété de pommes de terre, ces deux produits croissent volontiers sur le sol de la commune et sont une ressource importante pour le cultivateur.

La commune possède environ trois hectares de bois et à peu près 45 hectares d’un mauvais rapport.

On compte 84 chevaux, 2 mulets, 15 ânes, 180 bêtes à cornes, 300 bêtes à laine, 150 porcs, 25 chèvres et 60 ruches. Les animaux nuisibles sont le renard assez rare et le lapin assez abondant.

Les propriétaires cèdent leurs droits de chasse à la commune qui en tire un produit annuel de 100 à 150 francs en moyenne. C’est avec cette somme que les chemins ruraux sont en partie entretenus.

La pêche n’a lieu que comme moyen de distraction.

Il existe une carrière assez importante de pierre à bâtir en exploitation, la pierre est tendre ; elle occupe six ouvriers en moyenne.

   1895 : Inauguration des écoles et de la mairie.

   Début du XXè siècle: culture du froment, des haricots et des vignes. Les terrains sont pour la plupart sablonneux et incultes.

   Décembre 1911: Devillers, un rêpris de justice dangereux, voulant pénêtrer de force dans un débit de boissons, a été tué d'un coup de couteau.  (article paru dans le journal La Croix du 30.12.1911)

1-roulières: blouses des transporteurs de marchandises.