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Ciry

 

  

Vers 280 av JC, les Kimris peuplent la région et certains s'installent entre le village actuel et la Vesle. Ce village (pagi), est construit de huttes en torchis et toit de chaume avec un chef, un druide, des artisans et paysans (la plèbe).    

   Le nom du village: Ciriacum et Salsogneam, apparaîtra plus tard et celui-ci fera partie du pagus de Noviodunum (Soissons).

   En 57 avant JC, suite aux succès de César, les tribus belges se réunirent en une coalition, à l’exception des Rèmes, sous la direction de Galba. César en fut informé par les Rèmes et installa des postes pour les surveiller. Par la suite, il installa son camp sur la colline de Condé, y concentra ses troupes et les y maintint. Afin d’interdire la rive gauche de l’Aisne, de protéger les accès sud du plateau et d’interdire le débouché d’incursions venant de l’ouest, César installe un Praesidium sur la butte des Longues Raies ; pour le proconsul Titurius Sabinus.


 Les Belges commencent à marcher sur lui. A l’aube, il prit sa cavalerie, fit suivre l’infanterie, les enveloppa, en massacra le plus grand nombre et reçut la soumission des autres.

   Après sa victoire, César prétend avoir emprunté l'ancienne voie de Reims à Soissons, donc tout près, au nord de Ciry. Ce passage n'a pas dû laisser indifférents les habitants de "Ciry".

   Après l'arrivée des Romains, le lieu du village "Ciria" ainsi que la villa "Quinque-pagi" (Quincampoix) furent habités, du fait de leur proximité avec la "Vidula" (Vesle) qui, était navigable de Fismes à Condé.

   De plus, la voie romaine de Médiolanum à Gessoriacum (Milan à Boulogne) traversait la Vidula au pont romain de Quinque-pagi; dont les vestiges ont disparu au XVIIIè siècle. C'était une des voies les plus importantes -achevée en 202- et de nombreuses villas se construisaient au bord de ce chemin ou dans son voisinage. Le peuple des campagnes les appelaient "chemins ferrés".

   Ainsi, la villa de Ciry fut retrouvée, avant 1848 sur le côté de la grand ‘route entre Ciry, Quincampoix et Sermoise; à environ 2km de chaque, "au bord de la route royale et du côté de la Vesle"; ont été découverts dans les substructions, des murs en grand appareil, ornés de peintures, des cubes de mosaïque et des tronçons de colonnes, des marbres de toute espèce; une salle de bains encore revêtue de stuc, plus basse que les autres pièces, sans doute pour la commodité des eaux qui y accédaient via un aqueduc; une étuve, une salle à parfum, cella olearia, une main en marbre supportant un lion au repos, etc... la plupart de ces pièces ont été emmenées à l'église de Braine. Elle se situait près de l'actuelle gare. Bâtie sur une terre appartenant à Mr de Pompery, une aile des bâtiments s'étendait jusqu'à la route. Un aqueduc long de près de 2km amenait l'eau de la montagne de Ciry et le trop plein était dirigé dans la Vesle au-dessous de Quincampoix et il en est question dans un diplôme de Louis le Débonnaire. On a découvert en ce lieu (rive gauche, terroir de Ciry) des restes de constructions romaines, tels que des pierres de 1m de hauteur sur 2m de largeur, taillées et creusées en forme demi-cylindrique, débris de colonnes, aqueduc, ainsi que des sépultures du Moyen-Age: les Templiers y auraient eu une maison. D'après Mr Aubry, curé de Ciry, qui tenait des renseignements de Mr Aubineau; celui-ci aurait vu les cercueils des Templiers (Ordre de Malte, Commanderie du Grand Prieuré de France).

   La fête des brandons, le 1er dimanche de Carême, était un souvenir des coutumes gauloises: sitôt déjeuner, les gamins parcouraient le village, escortant un bonhomme de paille, « St Passard », en quête de ce qui pouvait brûler et donner de la flamme. Tout cela était entassé sur une charrette à bras qu'on menait sur la montagne; ou bien on la déchargeait à l'entrée des cavans. Le tout était réuni en une meule et on attendait l'arrivée de la nuit et du garde-champêtre; lui seul avait le droit d'allumer le bûcher. Sur les autres sommets, ceux de Sermoise, Condé, Chassemy, Brenelle, Vasseny, etc...Apparaissaient bientôt des brasiers analogues. Et la gloire de Ciry était grande quand son feu survivait aux autres.

   Au IIIè siècle, l'évangélisation gagnait de plus en plus de terrain. Rufinus et Valérius évangélisaient la région de Reims et la vallée de la Vesle. Selon une opinion, Rictio Vare, gouverneur de Reims, fit saisir Rufinus et Valérius à Bazoches. Les mains liées au dos,on les entraina jusqu'à Quincampoix où on leur trancha la tête sur les bords de la Vesle.

Le village voyait souvent passer des troupes en armes partant combattre lors des guerres fratricides des fils de Clovis Ier, roi de Neustrie et d'Austrasie; des évêques se rendant aux conciles4; des ambassadeurs; des rois étrangers ou des guerriers allant aux assemblées, que ce soit à Soissons ou à Reims.

   La reine Brunehilde (Brunehaut) fit réparer les voies romaines; d'où l'association de son nom: chaussées Brunehaut. Cette chaussée passe au nord du village entre le bois Morlay et la gare. Son tracé est facilement identifiable et l’on peut aisément retrouver l’emplacement de l’ancien pont romain enjambant la Vesle. Cette voie ancienne devint la route des sacres, quand les rois de France allaient se faire couronner à Reims. Elle fut plus tard remplacée par l’actuelle N31 entre Soissons et Reims. L’on peut encore apercevoir certaines bornes royales identifiant les communes traversées par la route des sacres de Paris à Reims. La borne royale entre Salsogne et Vasseny a été volée lors de la réalisation de la route parallèle à la N31.

   Les Normands apparurent en 883 et furent battus par Carloman sur les bords de l'Aisne. Ils revinrent en 889 et 923 et saccagèrent la région.

   En 950, l'invasion des Hongrois et les luttes entre rois et grands seigneurs complètent le désastre.

   En 1030, on mange de la chair humaine.

   1100: Guy Pioni seigneur de Ciry

                                         enfans: Gilon, chevalier

                                                       Anselme, clerc

                                                       Josselin

                                                       Guy

                                                       Raoul

   En 1141, le nom du village apparaît: Ciry.

   En 1144, on vend la viande de ceux qu'on tue.

   XIIè-XIIIè siècle: élévation de l'église St Martin.

   En 1164:L'évêque de Soissons Hughes confirme les dons faits par Adam de Ciry à St Jean des Vignes.

   Adam de Ciry, seigneur, marié à Adeline

                                   enfans: Pierre

                                                 Resée

                                                 Ermengarde

   1187: Gilon, chevalier de Ciry

   1190: Hugues de Ciry

   1190: le moulin de Quincampoix est rebâti par Agnes II de Baudiment de Braine, femme de Robert Ier, comte de Dreux et seigneur de Braine.

   1207: l'abbé St Médard achète le domaine d'Anseult d'Offemont (qui lui, part pour la 8è croisade avec St Louis); de fait, la paroisse de Ciry dépend de l'abbaye de St Médard.

   1226: Ida de Ciry

                       enfans: Geoffroy, chevalier

                                     Foucard

   1235: Titre du patronage de la chapelle fondée en l'église de Ciry.

   1241: Adam de Ciry, écuyer, marié à Falqua et fils de Pierre le Wague, chevalier.

   1267: Anseult d'Offemont part pour la 8è croisade avec St Louis.

   Décembre 1278: Amortissement par le roi Philippe III des acquisitions du chapitre à Ciry, Salsogne et Sermoise.

   En mai 1296, un écuyer vend ses 3 corvées annuelles à Ciry de chascun qui tient cheval.

   1303: Adam dit le "Vagne" de Ciry, écuyer. Sa femme s'appelait Jeanne.

   Ensuite, la seigneurie passe dans les mains de l'abbaye de St Médard et revient aux d'Offemont. Ceux-ci l'échangent aux de Belloy.

   La peste apparaît à la fin de 1348 et cause de grands ravages.

   Vers 1350, les Navarrais prennent garnison à Vailly et vivent sur la région, rançonnent, torturent et brûlent les habitations.

   En 1358, la Jacquerie infeste le soissonnais.

   1399: Accord faict pour les dismes de vin de Ciry.

   Il y avait autrefois à Ciry le fief des Nuisy, ayant ses seigneurs particuliers:

   1402, Adam de Vaux, écuyer, seigneur de Nuisy.

   1456, Robert de Hérissart, écuyer, seigneur de Nuisy.

   1413: Sentence pour les dismes de vin à Ciry.

   En 1414, les Armagnacs mettent la région à sac.

   La peste sévit de 1482 à 1488 et plus ou moins jusqu'en 1515. Elle reprend avec violence en 1580.

   L'hiver 1479-1480 fit périr hommes, arbres et vignes; de plus, la sécheresse et les pluies amenaient la disette et même la famine.

   1486: Traité des limites entre St Gervais de Soissons, Nostre-Dame-Aux-Nonains de Soissons, Coincy et le curé de Ciry.

   1526: François Ier commence les travaux pour rendre la Vesle de nouveau navigable. Henri II les poursuit et Henri III les achève. En 1578, la Vesle était de nouveau navigable.

   1541: Transaction passée entre le prieur de Coincy et le curé de Ciry, par laquelle le curé de Ciry abandonne toutes les novalles, moyennant 3 poinssons de vin.

   1543: Sentence des séparations du dismage de Ciry, contre le curé de Wassigny.

   1577: Donation de la maison et dismes de Ciry, par Dom Ravineau, prieur.

   1609: Traité des limites du disme de Ciry, Couvrelle et l'Hostel-Dieu de Soissons.

   1610:Délimitation de Ciry près la Borne Hubert.

   1618: Limites de Ciry.

   1630-1637: Léonard de Belloy seigneur de Sermoise, Ciry et Salsogne.

   1650: L'archiduc Léopold parut en France avec une armée espagnole et le 25 août, vint camper à Bazoches. Pendant un mois, ses soldats portèrent de tous côtés le feu et le fer. Les Habitants de Ciry et Salsogne durent abandonner leurs foyers, emportant leurs enfants et entraînant les vieillards dans le fond des bois, où ils ne trouvèrent que des racines sauvages pour toute nourriture. La famine suivie, l'hiver fut très rigoureux et la peste fit des ravages.

   1658: Limites de Ciry et d'Acy.

   1675 : Claude Carlier est maître d’école.

   1680 : Jean Housset maître d’école pendant 39 ans.

   1681: Dismages de Ciry.

   1682: Traité des dismes de Ciry.

   Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1709,apparut brusquement l'hiver; puis la neige fut abondante. Des dégels suivis d'abaissements de température brusques, coupaient les blés en herbe; ces alternatives désastreuses duraient encore en mars. Puis la température s'adoucit au point que déjà paraissaient les effets du printemps quand, subitement, une gelée sèche et très violente acheva les blés, tua les arbres à fruits et fit des dégâts pour 50 ans. Les vignes furent gelées jusqu'au ras du sol.

   1719 : Nicolas Leroy maître d’école pendant 43 ans.

   31 janvier 1723: naissance à Ciry de Jacques-François de Pompery (fils de Louis-Charles Ier de Pompery), chevalier, seigneur de Salsogne et en partie de Ciry-Sermoise, vicomte en partie de Couvrelles; épouse le 25 juin 1743 à Ciry, Marie Quinquet.

   31 mai 1744: jour de la Trinité; pose de la nouvelle croix.

   8 décembre 1745 : aliénation de Quincampoix par les comtes de Braine au meunier Alexis Prémont.

   Louis-Charles Ier de Pompery meurt à Ciry le 11 mars 1759.

   1764 : Antoine Durin maître d’école pendant 57 ans.

   1775: Guerre des Farines; le village est secoué par des émeutes d'avril à mai. Celles-ci font suite à une hausse des prix des grains, du fait des mauvaises récoltes des étés 1773-1774.

   1783: Les Religieux de St Médard font seigneur du terroir sur lequel est située l'église. Mr de Pompery d'une partie du reste du terroir de Ciry, du chef de son épouse, laquelle partie appartenait ci-devant à St Jean des Vignes; Mr l'Abbé de Reuve est seigneur de l'autre. Mr de Pompery est seul seigneur à Salsogne. Ciry est cure séculaire du doyen de Chacrise. Clocher sur le choeur, à la charge des Religieux de Coincy et du curé de Ciry, trois cloches.

   Avant 1789, Simon Lobligeois est notaire royal à Ciry.

   "Ce jourd'hui, 7 février 1790, l'assemblée générale de la commune de Ciry, annoncée huit jours auparavant à la messe paroissiale, convoquée à la manière accoutumée et réunie dans la nef de l'église, Jacques Blavier sindic a fait lecture des lettres patentes du Roi sur un décret de l'Assemblée nationale pour la constitution de nouvelles municipalités, données à Paris au mois de décembre 1789 et ensuite d'une instruction y relative; après quoi il a été procédé, sans déplacer à la formation d'une nouvelle municipalité conformément aux lettres patentes susdites par voie de scrutin; Jacques Blavier ayant été d'abord nommé président et Antoine Durin secrétaire, il a été préalablement prêté et par tous les membres de l'assemblée le serment prescrit par l'Assemblée nationale et ensuite procédé à la nomination d'un maire, de deux officiers municipaux, d'un procureur sindic et de 6 notables. Les scrutins développés, 34 voix sur une totalité de 60 se sont rendus en faveur du sieur Jacques Delaplace qui a été proclamé maire; Antoine Cirier, Pierre Droux ont été nommés officiers municipaux- Vincent Judas a été nommé procureur sindic- Hiolin l'ainé, le sieur Ferté, François Lévêque, Jean Decaye, Jacques Doucet, Jean Housset l'ainé, notables de laquelle nomination nous avons dressé le présent acte jour et an que dessus."

   14 juillet 1790: fête de la Fédération

   Convocation faite par le son des cloches, les tambours et la musique de la garde nationale.

   Les communes de Ciry et Salsogne se rendent à l'église pour la cérémonie de la Fédération.

   Après la messe, rendez-vous à l'autel de la patrie, érigé dans une prairie nommée Bruy, dans cet ordre:

      Tambour-major avec les deux drapeaux

      Les tambours et la musique

      L'église de Ciry,la croy et les enfants de choeur

      2 lignes de fusiliers (40) prolongées par les soldats pas encore armés

      Ceux de Ciry à droite et ceux de salsogne à gauche

      Les chantres

      Mr le curé en surplis et étole

   La marche était fermée par les femmes et les enfants de la paroisse; le Veni Creator entonné à l'église, la musique et le tambour donnoit dans l'intervalle de chaque estroffe, arrivez à l'autel de la patrie Mr le curé (Miaux) fit un discours dans lequel il exposa le sujet de la fête, fit en peu de mots les détails de réforme et établissements avantageux dont on est redevable à l'Assemblée nationale, rappela l'importance d'un serment, de celui en particulier que l'on allait faire et il développa et expliqua ensuite les différentes parties et il finit par des apostrophes patriotiques aux officiers municipaux, au chef de la garde nationale, aux soldats, aux femmes, aux enfants. A la fin du discours, Mr le curé a prononcé luy-même à haute et intelligible voix la formule du serment avec ladition ordonnée dans la séance du 4 juillet dernier. Les deux maires se sont avancés en face de l'otel, ils ont levé la main en disant: je jure; le serment a été prononcé aussy par le reste des habitants qui sont venus tous à l'otel 2 à 2 dans leur rang et en ordre; il s’est fait ensuite une décharge générale, on a entonné le Te Deium et on est retournés à l'église dans le même ordre que l'on avait parlé; après le Domine salvum fac Regem l'oraison pour la Patrie et celle pour le Roy, chacun s'en est allé chercher son dinère que l'on a porté dans la prairie où on avoit prété le serment, on a mangé tous en commun, le riche fesant part de leur surplus aux pauvres; on se diverti le reste de la journée sans quitter la place; on ne s'est retirés que vere les 9h du soir; nous devons la justice à notre paroisse que tout cé passé le mieux du monde, dans la meilleure intelligence cens qu'il y eut seulement un mauvais propos de tenu. ( Delaplace, Maire)

   1791 : Dégradation de la maison des Dîmes (rue St Jean).

   14 juin 1792: arrêté du district de Soissons ordonnant la réunion des deux communes.

   4 juillet 1792: fête à Ciry.