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1939-1945

Seconde Guerre mondiale

   L'histoire n'est qu'un perpétuel recommencement...

   Le I/99è RIA débarque le 16 mai 1940 à 16h00 sous la protection de quelques avions de chasse et part prendre position au sud de Vailly.

   Le III/99è RIA rejoint Ciry à pied.

   Dans la nuit du 1er au 2 juin, la 3è Cie du 36è BCC s'installe à Salsogne: 16 chars FT Renault.

   06 juin 1940, la 17è batterie du 202è RALD arrive à Ciry-Salsogne, se repliant d'Aizy-Jouy. Elle s'installe aux emplacements d'artillerie de 1914. La 16è batterie suit de peu.

   Le Capitaine Pinon du 202è RALD fait la route seul et à pied de Celles à Ciry. Il rencontre de petits groupes de légionnaires, la plupart Espagnols, armés mais sans munitions; ils sont le long de la route ou sous des bosquets d'arbres. Il leur donne l'ordre de se rendre à Ciry-Salsogne. Le Lieutenant commandant ces légionnaires est placé au carrefour nord de la gare de Ciry.

   Une pluie d'obus allemands tombe sur la gare et la voie ferrée, sans la moindre efficacité.

   Au cours de la nuit du 06 au 07 juin 1940, les 16è et 17è batteries du 202è RALD quittent Ciry-Salsogne pour Serches.

   Le 07 juin 1940, des cavaliers du 13è Groupement de Reconnaissance de Corps d'Armée subissent un accrochage difficile. Ils reculent devant le nombre d'Allemands; vers Ciry, en longeant la Vesle. Arrivés près de Quincampoix, ils tombent nez à nez avec une unité allemande. Ils ont juste le temps de jeter leurs armes dans la Vesle avant d'être fait prisonniers.  

   Le Maréchal des Logis François Kerlan est tué en se repliant de l’observatoire dominant Ciry-Salsogne (le même que celui de 14-18). Il est touché par une rafale de mitraillette en tentant de riposter face à l’arrivée des Allemands. Ses hommes sont faits prisonniers.

Le 15 mai 1941, quatorze soldats français sont exhumés près de Ciry.

Les parents du MdL Kerlan en sont informés et arrivent à Ciry ce même jour à midi. A 14h00, ils grimpent la colline dominant Ciry en compagnie de l’adjoint au Maire, de l’Abbé Aubry, d’un menuisier et d’un fossoyeur. Une charrette remplie de cercueils en bois blanc les devance. Ils arrivent à la hauteur d’un panneau indiquant « attention au train » et voient dix mètres plus loin trois monticules de terre signalant l’emplacement des tombes. Les hommes commencent à creuser.

Un crâne bien blanc, poli et luisant avec un trou de cinq centimètres de diamètre au-dessus est d’abord sorti. Ils enlèvent la terre recouvrant ses dents blanches afin de vérifier s’il possédait des dents en or. La canine aurifiée n’existait plus ; une balle avait dû l’emporter. La mâchoire inférieure sortie, ses molaires en or étaient là. Les hommes fouillèrent les poches de son uniforme dans lesquelles ils trouvèrent un ordre de mission au nom du MdL Kerlan et son répertoire d’adresses. A l’intérieur de ce carnet, il y avait une photo de son épouse Marie ainsi qu’un article de presse annonçant la sélection de son roman, les Pieds du Diable, pour le prix Goncourt. Mais, du fait de l’odeur, tout ceci doit être jeté.

Sa cage thoracique est ensuite sortie ; un drap est passé dessous pour la soulever.

L’Abbé Aubry écrit sur le cercueil à l’aide d’un tampon : François Kerlan. Le cercueil est posé près des autres sur la charrette. Le cortège redescend ensuite la colline en faisant quatre haltes afin d’exhumer quatre nouveau corps.

Des hommes du village disposent les quatorze cercueils sur les bancs de l’église de Ciry. Des jeunes filles les recouvrent de draps mortuaires et de fleurs.

Le lendemain à 11H00, l’Abbé Aubry dit une messe, l’église est pleine, les jeunes filles chantent. L’après-midi, les morts sont conduits au cimetière par un petit chemin de terre aux haies fleuries. Ils sont tous enterrés dans la même tranchée.

Les parents du MdL Kerlan rejoignent Soissons à pieds. Ils reviennent un mois plus tard déposer des roses au cimetière et le lendemain montent se recueillir sur la colline.


   Raymond Brocheton, de Ciry-Salsogne, 2e Classe au 135e RI est prisonnier de guerre en Allemagne.

   Après la libération de Ciry-Salsogne, le 29 août 1944, environ 200 GI’s américains restent en cantonnement quelques temps dans l’ancienne sucrerie.

   Depuis quelques mois, la gare de Soissons est devenue un centre de répartition des munitions. Le 25 décembre 1944, vers 11h00, un avion allemand, seul, tourne dans le ciel de Soissons. Il lâche une bombe sur la gare et effectue un second passage en tirant une rafale de balles incendiaires. S’en suit une série d’explosions et un embrasement extraordinaire des centaines de wagons en stationnement. Quelques cheminots présents et des tankistes américains aidés de leurs chars détachent des wagons et les entrainent loin du sinistre.

Deux locomotives sont enfin prêtes. Un train de 30 à 40 wagons part pour Ciry-Salsogne et un second pour Berzy.

 

 

   Mr Galimand Georges, né à Ciry-Salsogne le 18.01.1921 est déporté et mourra à Buchenwald, le 11.04.1945.