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1918

 

 

1918

Jeudi 28 mars

Le 283e RI arrive de Braine en grand'halte à Ciry-Salsogne et repart pour Bucy.

Le 369è RI arrivant de Fismes, vient en cantonnement dans les carrières au-dessus de Ciry.

Vendredi 29 mars

05h00, le 369è RI part pour Ambleny.

Lundi 08 avril

Retour de la STM 371 du 10e ETEM.

Vendredi 24 mai

Retour de la STM 628 du 10e ETEM.

Lundi 27 mai

A 01h00 du matin, le front s'embrase; l'horizon vers le nord est éclairé comme en plein jour. Plus de 4000 coups partent au même moment. Les Allemands viennent de lancer leur grande offensive. Ce tir de préparation d'offensive et d'interdiction des voies de communication commence par l'arrière des lignes françaises, en revenant sur les premières lignes; de façon à écraser l'artillerie française. Cette préparation d'artillerie va durer 02h30.

Le 1er RI arrive à Ciry. EM et 3e Bataillon à Ciry, pousse une Cie en grand'garde vers la gare et garde les passages sur la Vesle de la côte 60 incluse au moulin de Quincampoix exclus. 1er Bataillon à Salsogne, pousse une Cie en grand'garde au carrefour voie ferrée-chemin Salsogne-Chassemy et garde les passages de la Vesle du moulin de Quincampoix inclus au coude à 1000 m au sud-est du carrefour précité. Un Bataillon aux carrières sud de Salsogne.

Revenant des Flandres, le 153e RI est au repos dans le secteur de Villers-Cotterêts; le soldat Roger Prudon fait partie de ces hommes. Vers 02h00 du matin le lundi 27 mai 1918, les hommes embarquent dans des camions conduits par des Américains, vers Vailly. A 08h00 du matin, le convoi s'arrête à Ciry. De gros obus tombent sur le convoi; l'un d'eux massacre un camion. A ce moment, un motocycliste passe rapidement et s'arrête à la voiture des officiers. Les hommes descendent aussitôt. Le convoi repart immédiatement. Ligne d'escouade par un, baïonnette au canon, direction... Il est jeté au-devant des masses allemandes pour défendre les passages de l'Aisne.

En début d’après-midi, le 93e RI est rassemblé à Ciry. A l’arrivée, l’appel auquel il est procédé révèle la présence de 14 officiers, un adjudant-chef, un sergent et 136 caporaux et soldats.

A 15h00, ordre est donné à la 21e DI de regrouper ses éléments restants à Ciry-Salsogne.

15h15, le personnel de la 66e batterie du 2e Colonial (Ltt Guillaud et Ltt Morvan) est rassemblé à Ciry.

A 16h00, le 137e RI recule par le pont de Condé.

                   Au soir, le régiment cantonne à Ciry-Salsogne.

16h15, le 2e Groupe du 111e RAL (canon de 105, Cne Eguillon) réactive l'observatoire St Jean.

Les STM 371 et 628 quitte Ciry-Salsogne par suite d’un bombardement aux obus asphyxiants.

A 17h00, le 64e RI recevait l'ordre de gagner Ciry; il y arrivait à 22h00. Il avait perdu 1540 hommes et 40 officiers. Le bataillon Chevalier, en ligne sur le plateau des Vaumaires, avait complètement disparu. Les combats faisaient rage.

Le 15e RAC est en position sur les hauteurs de Ciry.Vers 15h30, l'ordre est donné par le Général de Division, au 137e RI, de se diriger sur Ciry. Au soir, le régiment cantonne à Ciry-Salsogne. Il est réduit à 200 combattants environ dont 11 officiers y compris le Colonel et l'EM. Aucun ravitaillement n'arrive. La fatigue est très grande.

Dans la soirée, le rassemblement du reste du 93e R.I, 16 officiers, 15 sous-officiers, 142 hommes s'effectue dans le plus grand calme à Ciry-Salsogne. Le Cne Delafosse prend le commandement provisoire du régiment.

A 22h00, le 64e RI a fini son regroupement à Ciry.

Les Régiments de la 21e DI, très diminués, se rassemblent à Ciry-Salsogne. Les pertes connues sont de:

-64e RI 35 officiers et 1760 hommes

-93e RI 41 officiers et 2170 hommes

-137e RI 49 officiers et 1750 hommes

La 26e DI se reconstitue dans la région de Ciry-Salsogne.

Dans la nuit du 27 au 28 mai 1918

Les Allemands lancent une offensive de grande envergure.

Les deux Bataillons restant du 233e RI reçoivent l'ordre de garder les ponts de Condé à Quincampoix.

Vers 22h00, les 7e et 8e batteries du 29e RAC prennent position près du moulin de Quincampoix.

A 22h00, le 1er RI prend sur la rive gauche de la Vesle le dispositif suivant :

   -EM et 3e bataillon à Ciry, pousse une compagnie en grand’garde vers la gare et garde les passages sur la Vesle de la côte 60 incluse au moulin de Quincampoix exclu.

   -Un bataillon à Salsogne pousse une compagnie en grand’garde au carrefour voie ferrée-chemin Salsogne-Chassemy, garde les passages de la Vesle du moulin au coude à 1000m au sud-est du carrefour précité.

   -Un bataillon en réserve aux carrières sud de Salsogne.

L'échelon de la 8e batterie du 29e RAC bivouaque à la gare.

Plusieurs bombardements par avions sur Ciry-Salsogne.

 

Mardi 28 mai

A 06h00, le Colonel commandant le 1er RI reçoit un ordre le mettant à la disposition du Général commandant la 31e DI; le régiment doit se porter à Couvrelles.

La Cie du Génie 20/2 construit une passerelle sur la Vesle près du moulin de Quincampoix.

A 06h30, le 1er RI quitte Ciry-Salsogne pour Couvrelles. Il fait mouvement par les pentes de Salsogne à Vasseny.

Le 233e RI bivouaque dans la carrière St Jean.

Sous l'influence de la poussée allemande, le Poste de Secours de Brenelle est évacué et les éléments du GBD se portent, par la route de Chassemy, sur le moulin de Quincampoix.

A 07h00, incorporation à la 21e DI des renforts du CID (100 à 200 hommes par régiment) arrivés au point du jour à Ciry-Salsogne. Les régiments sont ainsi composés:

-64e RI: 3 Cies (320 hommes), un bataillon est formé sous les ordres du Cne Eluère.

-93e RI: 2 Cies (250 hommes)

-137e RI: 2 Cies (200 hommes)

La 21e DI reçoit rapidement l'ordre de reculer pour interdire l'accès à la vallée de la Crise.

De 07h00à 09h30, la 8e batterie du 29e RAC tire sur Vailly. Le Capitaine donne l’ordre à la 2e section de partir. La 1ère continue son tir sur Chassemy. A 09h35, les Allemands pénètrent dans la batterie, le Cne Laurent est blessé par balle de mitrailleuse. Le Ltt Gailly prend le commandement de la batterie. La gare étant bombardée, l’échelon se dirige sur la route de Ciry où le camion à vivres est abandonné sur la route de Serches ; les avions mitraillent la colonne. Benoît Chauffeur est blessé légèrement à la main par une balle.

A 08h00, les deux Bataillons restant du 233e RI se préparent à la garde du front Sermoise-Ciry. Le 4e bataillon, est chargé de la partie Sermoise-route gare-Condé exclue. Le 6e bataillon, à Ciry, est chargé de la partie du front route gare-Condé incluse au moulin de Quincampoix. Une compagnie du 6e bataillon est à la disposition du Colonel à Ciry. Le PC du Colonel se porte aux creutes de la Ferme St Jean.

A 09h00, la 7e batterie du 29e RAC ouvre le feu et tire jusqu'à 10h00 sur Vailly et ensuite Chassemy. Sous la pression de l'infanterie ennemie, elle quitte la position et monte sur Serches en traversant Ciry-Salsogne. La batterie s’arrête sur le plateau et est attaquée à la mitrailleuse par 15 avions ennemis, qu’elle met en fuite à coups de mousqueton.

La Cie divisionnaire 20/52 du 10e Génie se replie sur Ciry-Salsogne et passe la Vesle à Salsogne. Elle traverse rapidement le village en direction de Serches.

Vers 09h00, les 39e et 239e Régiments d'Artillerie de Campagne se replient au sud-ouest de la Vesle. Les 7e et 9e batteries sauvent leurs canons en les trainant à bras vers la Vesle sur 1km. Les batteries prennent position au sud de la Vesle. Sous les ordres du S/Ltt Monchatre, le personnel de la 8e batterie passe la Vesle à la nage. Ils traverseront le village en fin de matinée. Les batteries sauvées se massent sur le plateau St Jean. Hâtivement dételées, les pièces sont mises en batterie, mais l'ennemi gagne du terrain sur la droite.

La gare de Ciry étant bombardée, l'échelon de la 8e batterie du 29e RAC se dirige sur la route de Ciry-Salsogne où le camion à vivre est abandonné. Sur la route de Serches, les avions mitraillent la colonne. Benoît Chauffeur est blessé légèrement à la main droite.

La 9e batterie du 29e RAC bat en retraite par le pont de Quincampoix, Salsogne et Serches.

A 10h00, les Allemands sont à Chassemy.

Le 146e RI est presque cerné à Chassemy. Un petit nombre réussit à traverser la Vesle et se rendre à Ciry-Salsogne. Le génie fait ensuite sauter les ponts sur la Vesle.

L'adversaire progresse à droite et le Lcl commandant le 153e RI quitte son PC sur le plateau de Chassemy au dernier moment et tombe sous le feu des patrouilles allemandes ; il se rejette sur la Vesle et franchit cette rivière sur une passerelle de fortune. Il tombe alors sous les feux très nourris des mitrailleuses et des tirailleurs ennemis venant s’embusquer à très courtes distances sur la rive nord de la Vesle ; il ne doit son salut qu’à la maladresse des tireurs allemands. Le repli du régiment se trouve considérablement gêné du fait que le Génie a fait sauter le pont sur la Vesle.

A 10h30, ordre est donné de se replier sur Chacrise. La Cie Girardet, à sa sortie de Ciry-Salsogne éprouve quelques pertes du fait du bombardement.

Le 1er Bataillon du 156e RI se replie de Brenelle à Ciry-Salsogne en passant par le moulin de Quincampoix.

A 11h00, le 64e RI reçoit l’ordre de repli sur Chacrise.

A 11h10, l’ennemi pressant sur la droite, le Colonel du 233e RI donne l’ordre suivant :

   La 13e Cie, réserve de régiment prendra position sur l’éperon dominant Sermoise au sud-ouest pour flanquer la lisière sud-est de Sermoise et battre le vallon des carrières dans la direction de Ciry.

   La compagnie du 6e bataillon, réserve de régiment prendra position sur les pentes boisées au sud-ouest du cimetière de Ciry, pour flanquer la lisière nord-ouest de Ciry et battre le vallon des carrières dans la direction de Sermoise.

   Le canon de 37 et les éléments armés de la CHR prennent position à la tête du vallon des carrières près du PC Colonel.

Vers 12h00, le 93e RI reçoit l'ordre de se replier sur Chacrise. Le départ s’effectue à 13h00 sous le feu des mitrailleuses de nombreux avions ennemis.

13h05, le 6e bataillon du 233e, reçoit l’ordre de se porter à Vénizel et doit faire assurer la défense de la Vesle par le 153e RI. Le commandant de ce bataillon n’ayant à sa gauche comme liaison avec le 153e qu’un peloton de pionniers tenant un pont, il ne peut quitter le secteur de Ciry.

En début d'après-midi, sous la pression ennemie, les hommes des 7e et 9e batteries du 39è RAC ramènent leurs pièces à bras au pont de la Vesle.

Vers 15h00, le Colonel du 233e donne l’ordre à son 6e bataillon de se porter sur la route côte 120. Impossible pour le moment.

Vers 16h00, la situation du 153e RI est la suivante :

   PC du Colonel à la gare de Ciry-Salsogne ; sur la Vesle qui doit être tenue à tout prix, vers Condé la 9e Cie ;

   Au centre : Cie Bourgogne du 146e ;

   À gauche : 7e Cie, vers le pont de Chassemy plus les sections de mitrailleuses de la CM3.                Les 10e et 11e Cies sont en soutien à la ferme de La Plaine. Les éléments du deuxième Bataillon se trouvent le long du chemin de fer entre Sermoise et Ciry.

   Mélangés au 153e RI, se trouvent des éléments du 233e RI en position avant le repli. La rive sud de la Vesle est donc tenue solidement. Les Allemands essaient à différentes reprises de franchir la rivière. Ils ne peuvent y parvenir grâce énergique attitude des unités du Bataillon Bruant et du peloton de pionniers du 153 sous le commandement du Ltt Capon. Le mouvement débordant des Allemands continue par la droite.

   D’autres parts, les hauteurs du Fort de Condé tombent entre les mains de l’ennemi ; les Allemands s’infiltrent le long de l’Aisne, débordant également le 153 par la gauche. Les ordres donnés prescrivent de « défendre à tout prix » les passages de la Vesle. Le Bataillon Bruant exécute sa mission jusqu’au bout. Il résiste énergiquement sur place ; l’ennemi ne parvient pas à franchir la Vesle sur son front. Mais par suite des progrès réalisés sur ses ailes, ce Bataillon se retrouve complètement entouré et tombe entre les mains de l’ennemi après une héroïque résistance. La mission confiée au 153 a été remplie : tant sur son front de l’Aisne que sur son front de la Vesle, l’ennemi n’a pu réussir à passer. Les autres éléments se replient sur les hauteurs de la ferme St Jean puis sur le plateau sud d’Acy.

   A 17h00, le 6e bataillon du 233e se repli sous la protection de la voie ferrée et vient se reformer dans le vallon au nord de la Ferme du Pavillon, couvert par une compagnie maintenue sur la croupe au nord de St Jean ferme.

   A 18h20, le 6e du 233e rend compte qu’une section ennemie a franchi la Vesle en amont de lui et marche sur Vasseny. Il soutient et défend le passage de cette rivière jusque 19h00. A cette heure, il est obligé de se replier sur la croupe 166 (nord-ouest d’Acy). Le PC du Colonel se porte à la lisière nord de Le Mesnil.

   En fin d’après-midi, les Allemands reparaissent à Ciry. Bientôt, les habitants restés au village allaient sentir tout le poids de la férule germanique. Chaque jour, on devait se présenter à la Kommandantur; là, on les divisaient par escouades qui, sous la dure surveillance de soldats armés, étaient dirigés sur tel ou tel point du terroir pour y travailler la terre, réparer les chemins ou récolter des produits variés. L'ennemi souffrait cruellement du manque de vivres et les habitants durent subir le même sort. Tout était compté, recensé, même les poules et les lapins. Les poules devaient donner tant d'œufs. Leur chair était réservée aux vainqueurs: malheur à celui qui essayait de tricher. Certains y arrivaient pourtant. On crevait de faim, on faisait la soupe aux betteraves ou aux orties.

   L'exil, la prison, les coups de crosse, la privation de nourriture; voilà de ce dont étaient menacés ceux qui trichaient. Bref, nos malheureux concitoyens subirent dans toute sa rigueur la lourde occupation allemande.

Des groupes de prisonniers français sont utilisés pour travailler entre autres aux cultures dans le village.

   Le lundi 17 juin, lors de sa visite sur le front, l'Empereur Guillaume II déjeune dans la villa des Charmilles de Salsogne; Mme Decaix était à l'épluche. Les enfants du village avaient été réquisitionnés pour effectuer le service du repas: ceci dans le but d'éviter un quelconque attentat ou représailles.

   Au moment du recul allemand, en juillet, les habitants qui étaient restés au village furent déportés dans les pays du nord, en Belgique; de sorte que l'ennemi était resté seul maître au pays, déménageant et pillant à son gré les maisons. On retrouva la plupart des matelas à Braine où ils avaient été réunis pour la commodité de leur transport en Allemagne. C'est à ce moment qu'ils minèrent l'église, le château de Salsogne et certaines rues.

Jeudi 01 août

Activité de voitures automobiles marchant dans les deux sens sur la route Ciry-Nampteuil sous Muret.

Vendredi 02 août

Il pleut à torrent toute la journée.

Dans la nuit du 02 au 03 août, le bataillon de Tarlé du 350e RI reçoit l'ordre de pousser une reconnaissance en direction de Ciry-Salsogne.

Samedi 03 août

A 10h00, le 350e RI borde le plateau au-dessus de Ciry-Salsogne. La 23e Cie occupe les environs de la ferme St Jean. L'artillerie allemande est active, et l'avance du bataillon est gênée par le feu des mitrailleuses ennemies qu'il est difficile de repérer.

A 10h30, la 22e Cie a des éléments dans Ciry et la 23e Cie est dans le bois St Jean.

Des mitrailleuses ennemies placées dans les petits bois de la Vesle harcèlent continuellement le bataillon; l'artillerie ennemie balaye les ravins et les pentes. Des éléments de reconnaissance sont poussés sur la voie ferrée.

A 11h00, le 68e RI se dirige sur Ciry. Le bataillon de Tarlé appuye sur Salsogne. Le chef de bataillon s'installe à la carrière de la côte 120.

Les 1er et 2e Bataillons du 68e RI, précédés d'une patrouille du 7e Hussards arrivent devant la ligne Sermoise-Ciry-Salsogne que l'ennemi interdit par un tir nourri d'obus de tous calibres et d'obus à ypérite. Il fait une chaleur torride.

A 13h50, les 21e et 22e Cies sont dans Ciry-Salsogne; la 22e à la sucrerie. La 23e est en réserve à la crête sud du village, près de la route. Le PC du bataillon est sur la route, à 300m sud du village.

Les débouchés du village sont battus par les mitrailleuses placées dans le petit bois à 1km est du moulin de Quincampoix; elles tirent sur tout isolé qui se déplace. Le 68e RI occupe la ferme St Jean et les pentes sud-ouest de Ciry. Le bataillon de Tarlé reçoit ordre de pousser dans la vallée de la Vesle.

L'après-midi est marqué par une activité croissante de l'artillerie ennemie.

Le 350e RI prend Ciry-Salsogne malgré le feu des mitrailleuses allemandes; sans qu'aucun obus français ne soit tiré. L'attaque s'est aussi passée sous les gaz. Le régiment est relevé dans la nuit.

Au 350e RI, ont été intoxiqués par les gaz:

   Cdt Nouillan

   Aide-major Funel

   Ltt Dessard

   Ltt Dupleix

La première ligne française est la voie ferrée.

A 18h00, mise en batterie à St Jean de la 1ère batterie du 25e RAC après avoir été survolée pendant 2 heures par des avions ennemis mitraillant les pièces sur route.

Dans la nuit du 03 au 04 août

Le bataillon de Tarlé est relevé par le bataillon Decourbe du 54e RI.

Le 54e RI relève le 350e RI dans ses positions de combat:

-1er Bataillon à Ciry.

-2e Bataillon en réserve sur les hauteurs de Ciry.

Les 1ère et 2e batteries 25e RAC s'installent dans le ravin au sud et au plus proche du village; elles doivent appuyer la progression de l'infanterie sur Chassemy et ensuite Vailly.

Dimanche 04 août

Le 68e RI perd la gare. Malgré plusieurs tentatives, elle ne peut être reprise à l’ennemi. L'artillerie fait des tirs de réglage et quelques tirs de harcèlement au nord de la Vesle.

Une section du Bataillon de Tarlé (350e RI) tente de passer la Vesle au moulin de Quincampoix, mais ne peut réussir à déboucher étant soumise à de très violents feux de mitrailleuses ennemies.

Les bataillons Weill et Decourbe (54e RI) relèvent les bataillons de Tarlé et de Nouaillon (350e RI).

A 18h00, ordre est reçu d'établir une tête de pont dans le secteur Demi-Lune - Moulin de Quincampoix.

A 21h00, la 1ère Batterie du 25e RAC effectue un tir d'encagement autour du moulin de Quincampoix. Dans la nuit, une section de la 3/25 est portée sur Ciry.

De nombreux cas de soldats ypérités.

La section 6/51 du 9e Génie déblaie la route de Ciry-Salsogne vers Serches.

Dans la soirée, les Allemands effectuent un coup de main à la gare et enlèvent 10 hommes du 68e RI.

Dans la nuit, une section du III/25e RAC est portée sur les pentes de la côte 120.

Lundi 05 août

A 04h20, le 3e Bataillon du 54e RI tente sans succès le passage de la Vesle au moulin de Quincampoix. Cette opération était couverte par un tir d'encagement exécuté par le 25e RAC et le 3e groupe du 253e RACP, sur les lisières sud du bois et du village de Chassemy. L'opération ne réussit pas; aucun élément n'est sur la rive droite de la Vesle.

L'ennemi reprend la gare. Le bataillon Decoube est en première ligne dans Salsogne. Le bataillon Weill relève les éléments du 68e RI qui occupent Ciry. Un poste mixte de liaison en 12e et 17e DI est installé à la corne nord-ouest de Ciry-Salsogne. Le Bataillon Mossmann (67e RI), prend la place du Bataillon Weill à la Demi-Lune. La 6e Cie du 1e RI est en réserve dans Ciry-Salsogne.

Dans la journée, tirs de harcèlement tant français qu'allemands.

La 1ère Batterie du 25e RAC effectue un tir à vue sur des isolés près de Chassemy. Le 2e CS Loubradon est blessé.

La section 6/51 du 9e Génie déblaie l'entrée de la creute route de Serches.

Mardi 06 août

Le 2e CC Patinier de la 1ère batterie du 25e RAC est blessé, six chevaux tués à l’échelon. Harcèlement réciproque.

A 20h30, une opération appuyée par l'artillerie permet la prise de la gare et de la ferme au nord du village par une section de la 2e Cie du 68e RI et une section du 54e RI. Un blessé. Il est fait un prisonnier, lui-même blessé. Un poste mixte est installé à la gare.

Violents tirs de harcèlement allemands durant la nuit.

Le 3e bataillon du 67e RI a ses lignes avancées à la voie ferrée entre la Demi-Lune et le carrefour nord-est de Vasseny. Une Cie est en soutien sur les pentes à l'est de Salsogne.

La section 6/1 du 9e Génie vient occuper la creute route de Serches.

Mercredi 07 août

Le soir, l'ennemi veut reprendre la gare mais, arrêté par nos feux, il se venge par un tir d'obus à ypérite. Nos reconnaissances au-delà de la voie ferrée reçoivent des feux de mitrailleuses venant de 300m environ au nord-est de la gare et lisière sud du parc du moulin.

Dans la soirée, la 1ère Batterie du 25e RAC quitte St Jean pour le Pavillon.

Jeudi 08 août

Nombreux tirs d’artillerie de harcèlement. Le Cne Clerault remplace le chef d’escadron Capdevieille dans le commandement du groupe d’artillerie.

A 19h00, le Bataillon Decourbe est envoyé au repos à Serches.

A 22h30, la creute route de Serches, occupée par la section 6/1 du 9e Génie et trois sections du 54e RI, saute. Cette creute avait été visitée par des officiers des sections 6/1 et 6/51 et des dispositifs suspects avaient été retirés. Organisation des premiers secours par la 6/51.

-Pertes: -Section 6/1: -2 officiers blessés (Ltt Grandemange et S/Ltt Langroguet)

                                     -15 hommes tués

                                     -32 hommes blessés

                                     -78 hommes disparus

               -54 RI: - 1 officier disparu

                           -61 hommes disparus

Le soldat Charyo André est un des survivants.

Témoignage d'un soldat du 54è RI:

   "La région est à peu près vide de ses habitants; les Allemands ont opéré des destructions et miné ou ypérité les creutes qui pouvaient nous servir d'abris. C'est ainsi que deux jours après notre arrivée, l'église de Ciry-Salsogne saute en même temps que la rue qui la borde. Le 8, une creute occupée par trois sections de la 2è Compagnie et un détachement de la 6è Compagnie du 1er Génie saute et ensevelit une partie de ses occupants (dont le Cne Champlon, adjudant-major du 1er Bataillon).

Vendrei 09 août

Le 54e RI occupe le front de Sermoise à Salsogne.

2e Bataillon à gauche, 1er à droite et le 3e en réserve dans le ravin de Serches.

Déblaiement de la creute par la 6/51. Visite des creutes, caves et maisons par mesure de précaution.

Plusieurs patrouilles sont faites dans la nuit sur les rives de la Vesle, vers le moulin de Quincampoix et au nord de la gare. Elles reçoivent des coups de feu, des rafales de mitrailleuses et quelques grenades venant des emplacements connus.

Samedi 10 août

Visite des caves du village pour rechercher d'éventuelles mines. La creute est murée.

Dans la nuit du 10 au 11 août 1918, la 11e Cie du 67e RI relève la 5e Cie du 54e RI à Salsogne. Une des patrouilles du 67e RI rencontre un fort groupe ennemi entre la Vesle et la voie ferrée et engage le combat; il y a deux tués.

L'artillerie ennemie est assez active.

Dimanche 11 août

Le 54e RI tiend le front de Ciry-Salsogne avec un seul bataillon.

Visite de caves, de la carrière St Jean.

Bombardements allemands par obus à ypérite et toxiques.

Le 68e RI est relevé. Le 67e RI (12e DI) arrive sur le plateau au-dessus de Ciry. Il remonte en ligne à Ciry le 22 août par une merveilleuse nuit d'été. Ils passent devant l'entrée de la creute effondrée: il en émanait des odeurs pestilentielles. 126 soldats français y avaient été ensevelis: la creute avait sauté après qu'ils s'y fussent réfugiés contre un bombardement.

Les 1ère et 3e batterie du 25e RAC quittent Ciry-Salsogne.

Lundi 12 août

L'église de Ciry saute vers 17h00 sans occasionner d'accident de personnes.

Entourage de l'entonnoir de la creute avec du fil de fer.

Ltt Grandemange décédé à l'hôpital.

Le 1er bataillon du 67e RI relève le 3e

Artillerie ennemie active pendant la nuit.

Mardi 13 août

   Plusieurs patrouilles sont faites dans la nuit; une patrouille du 54e RI reçoit des coups de feu venant de la direction du carrefour nord-est de la gare. Un petit poste du 54e RI établi le long de la voie ferrée est attaqué la nuit par l'ennemi, un Caporal est tué et quatre hommes sont enlevés. L'ennemi renouvelle son attaque sur le même point à 20h40 et est repoussé par nos feux.

Mercredi 14 août

Le 3e Bataillon du 54e RI occupe le terrain de Sermoise à Salsogne.

Dans la nuit du 14 au 15 août, tirs de harcèlement ennemis sur les premières lignes et les arrières.

Jeudi 15 août

Activité de l'artillerie allemande en obus toxiques et à ypérite. L'infanterie travaille à l'aménagement de ses positions, au creusement de boyaux. Construction d'un boyau allant de la côte 175 à Salsogne par la 6/51.

Vendredi 16 août

Une patrouille du 67e RI a un de ses groupes attaqué à la grenade par des éléments ennemis occupant un bosquet de sapins situé au nord du hangar, nord de la Demi-Lune.

Le 3e bataillon du 54e RI est relevé par le 1er en première ligne.

Samedi 17 août

   A 22h00, une patrouille du 67e RI chargée de reconnaître les endroits les plus favorables de la Vesle pour y établir une passerelle est reçue par des coups de feu partant du sud du moulin de Quincampoix. Le Sous-Lieutenant Carajat, chef de patrouille est blessé ainsi qu'un sergent du Génie adjoint à la patrouille sont blessés, un sergent est tué et ne peut être ramené.

Dans la nuit du 17 au 18 août, le 3e bataillon du 67e RI relève le 1er.

Dimanche 18 août

   Relève du 3e du 54e RI par le 1er du 54e RI. Les patrouilles révèlent la présence de petits postes ennemis à la lisière du petit bois situé à 200m au nord de la gare et occupation du petit bois à l'ouest de la ferme de la Plaine.

Bombardement par obus toxiques.

Mardi 20 août

Approfondissement du boyau Ciry-gare.

Mercredi 21 août

A 02h30, bombardement de nos premières lignes par obus ordinaires et toxiques.

Jeudi 22 août

Au petit jour, un coup de main est exécuté par le 3e bataillon sur l'ennemi au nord du hangar. Une capote avec patte d'épaule du IR 35 et un paquet de lettres non décachetées ont été ramenées.

Bombardement de nos premières lignes par obus toxiques.

Relève du 3e bataillon du 67e RI par le 2e bataillon.

Relève du 1er bataillon du 54e RI par le 3e.

Vendredi 23 août

Jean-Claude Fayard est blessé à Ciry.

Activité soutenue de l'aviation ennemie.

Samedi 24 août

Une mine saute près de l'église. Une pluie d'orage purifie l'air.

Une mine saute aussi entre le château et la sucrerie.

Au soir, le bataillon du 67e RI prend à son compte la gare et le village, le ravin sud de Ciry; la liaison avec le bataillon du 54e RI à gauche, se fait sur la croupe des carrières. La 7e Cie du 67e RI relève la Cie de droite du 54e RI.

Dimanche 25 août

Le 2e du 54e RI prend position de Sermoise à Salsogne.

Lundi 26 août

Un groupe chargé d'exécuter un coup de main sur un petit poste ennemi au nord du hangar au nord de la Demi-Lune se heurte à une forte reconnaissance ennemie; le combat est engagé.

Mardi 27 août

Au cours de la nuit, une reconnaissance du 67e RI surprend une patrouille allemande cachée derrière une haie, non loin de la gare: elles échangent des grenades et des balles.

Le 137e RI est transporté en camions et stationne dans les creutes.

Mercredi 28 août

Le 2e groupe du 25e RAC occupe de nouveau le plateau St Jean. Il entreprend dans la nuit des tirs de destructions sur les ponts entre Chivres et Chassemy.

Jeudi 29 août

Mise en place des éléments des Cies pour l'exécution éventuelle des passerelles prévues:

Cne Pochon pour le passage de la Vesle avec le peloton Prax 6/1 dans le bois au sud de Salsogne.

Les batteries françaises du 5e groupe du 136e RAL, dans le ravin de Serches, tirent sur les boyaux de la ferme de la Plaine.

Dans la nuit, des tentatives de traversée de la Vesle au moulin de Quincampoix échouent.

Vendredi 30 août

Vers 03H30, la 5e batterie du 55e RAC prend position sur le plateau St Jean. Au cours de la nuit, la batterie exécute des tirs de harcèlement.

Le 54e RI prend une orientation face à Missy. L'ennemi attaque le petit poste de la Demi-Lune, pris sous nos feux, il se replie rapidement.

Le PC du régiment arrive dans la creute de la ferme du mont St Jean.

L'ennemi tient toujours solidement le passage de la Vesle.

Samedi 31 août

A 03h00, le poste de la gare est attaqué par une forte patrouille allemande; mais pris sous nos feux violents de grenades et de FM, se replie.

Dimanche 01 septembre

Il pleut averse.

Le 1er bataillon du 67e RI est relevé par le 3e.

La 4e batterie du 55e RAC quitte le plateau St Jean.

Dans la nuit du 01 au 02 septembre, le bataillon Dumont (1er du 67e RI) est relevé par le bataillon Fromont (3e du 67e RI). (2è bataillon Chammard)

Lundi 02 septembre

Artillerie et aviation ennemies très actives.

Mardi 03 septembre

Le PC est transféré dans la carrière aux Loups.

Il ne reste plus que la moitié de la gare.

Beaucoup de circulation dans les lignes ennemies.

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 1918

Les Allemands se retiraient des bords de l'Aisne. Pendant cette retraite, ils avaient miné de nombreux endroits du village. L'artillerie ennemie bombarde violemment nos lignes et nos arrières.

 

Mercredi 04 septembre

Dans la matinée, les renseignements venant de droite signalent que l'ennemi n'offre plus de résistance sur la Vesle. Vers 12h30, il est constaté que l'ennemi n'occupe plus les rives de la Vesle. L'ordre est alors donné au peloton du génie d'aller construire sur la rivière, les passerelles prévues. Le 1er bataillon du 67e RI reçoit l'ordre de se porter sur la Vesle et de gagner Chassemy et Condé. Le génie tarde à construire la passerelle. Le bataillon traverse la Vesle au moulin de Quincampoix à 17h15. Des reconnaissances offensives sont immédiatement poussées au-delà de l'Aisne et la Vesle.

A 10h00, la boucle de la Vesle vers la ferme de la Plaine et la Limerie est complètement nettoyée par le 54e RI.

A 18h00, le passage de la Vesle est assuré sur deux passerelles; une à 200m en aval du moulin de Quincampoix et la seconde vers la Limerie.

Le 20e Corps de la Xe armée française passait la Vesle.

Le 67e RI a une Cie à la ferme de la Plaine, deux sections à la passerelle de la Limerie et deux sections à Quincampoix.

Dans la nuit, l'artillerie se porte en avant. Le peloton Prax doit rétablir le passage sur la route Salsogne-Chassemy en comblant le lit de la rivière avec des pierres provenant de la démolition du moulin de Quincampoix.

Jeudi 05 septembre

Le peloton 6/1 ne rétablit le passage au moulin de Quincampoix que pour l'infanterie.

Du 05 au 18 septembre

L'IR 48 von Stülpnagel est en ligne dans la plaine de Ciry.

Vendredi 06 septembre

Amélioration du passage du moulin de Quincampoix.

Samedi 07 septembre

Reconnaissance d'une patrouille du 12e Régiment de Chasseurs à la gare, toujours occupée par l'ennemi.

Accrochage, l'ennemi se replie rapidement.

Le PC du 54e RI est transféré à Condé.

Mercredi 11 septembre

La 7e batterie du 120e RAL vient se mettre en batterie au sud de Ciry-Salsogne en E 99.29.

Armement de la batterie dans la nuit.

 

 

Jeudi 12 septembre

La 7e batterie du 120e RAL accroche vers le matin sur 55.87 et exécute des tirs de neutralisation.

Vendredi 13 septembre

La 7e batterie du 120e RAL exécute des tirs de harcèlement et concentration pour appuyer une action se passant sur la gauche.

Vers 19h00, l’EM, la CHR et le 3e Bataillon du 43e RI arrivent à Ciry.

Samedi 14 septembre

Le 2e Bataillon, l'EM et la CHR du 127e RI arrivent à Ciry-Salsogne vers 03h00.

La 7e batterie du 120e RAL exécute des tirs d'interdiction et de neutralisation. Elle est forcée d'arrêter son tir faute de charges BGS.

A 21h00, les unités du 43e RI montent en ligne vers Condé, Celles, Vailly .

Dimanche 15 septembre

Le 1er Bataillon du 127e RI arrive à Ciry. Le 2e Bataillon, l'EM et la CHR quittent Ciry.

La 7e batterie du 120e RAL exécute des tirs d'interdiction et de neutralisation.

Lundi 16 septembre

Le 1er Bataillon du 127e RI quitte Ciry.

La 7e batterie du 120e RAL exécute des tirs d'interdiction et de neutralisation.

Mardi 17 septembre

La 7e batterie du 120e RAL exécute des tirs d'interdiction et de neutralisation.

17h00, ordre est donné à la 9e batterie du 120e RAL d'occuper la position du moulin de Quincampoix.

Mercredi 18 septembre

La 7e batterie du 120e RAL exécute des tirs d'interdiction et de neutralisation.

La 9e batterie du 120e RAL arme la position en 1539.

18h00, accrochage des quatre pièces de la 9e batterie du 120e RAL en 5897.

Jeudi 19 septembre

La 7e batterie du 120e RAL exécute des tirs d'interdiction et de neutralisation.

Aménagement de la position de la 9e batterie du 120e RAL.

 

Vendredi 20 septembre

La 7e batterie du 120e RAL exécute des tirs d'interdiction et de neutralisation.

La 9e batterie du 120e RAL tire de 09h00 à 17h20.

Samedi 21 septembre

La 7e batterie du 120e RAL désarme dans la soirée. La 7e batterie du 135e RAL prend son emplacement.

A 18h00, désarmement de la 9e batterie du 120e RAL.

Dimanche 22 septembre

Mise en batterie de la 7e du 135e RAL en 99.38. Le Cne Foullon prend le commandement de la batterie.

Lundi 23 septembre

La 7e batterie du 135e RAL tire 7 coups sur 63.05, de 17h00 à 17h17.

Mercredi 25 septembre

La 7e batterie du 135e RAL tire 80 coups sur 54.15 et 62.11, de 18h00 à 18h25.

Sont évacués pour cause de grippe les canonniers Lade, Gauchois, Barbet, Lagier, Bertrand, Lefevre Emile, Perrin, Brouard et le brigadier Bourdet.

Vendredi 27 septembre

La 7e batterie du 135e RAL tire 101 coups, de 15h55 à 20h13 :

                         De 15h55 à 16h15, réglage sur 61.23 (10 coups)

                   De 18h00 à18h40, neutralisation sur 54.15 ; 55.04 (81 coups)

                   De 20h00 à20h13, réglage sur 54.15 ; 55.04 (10 coups)

Le canonnier Rogeon est évacué.

Samedi 28 septembre

Fournier Louis, Chevalier, Caillard et le brigadier Nevers sont évacués.

Dimanche 29 septembre

Merzeau, Dhivert, Berthelot, Barthe et Vallon sont évacués.

Lundi 30 septembre

La 7e batterie du 135e RAL quitte Ciry à 16h30, ne pouvant plus remplir sa mission à cause du manque d'hommes.

   Que les gaz soient allemands ou français, quantité d'arbres fruitiers en périrent pendant et après les hostilités et beaucoup étaient criblés d'éclats d'obus. Lorsqu'on les débitait en planches, on cassait les scies en quantité. Sans parler de ceux qui, hachés, mutilés, mouraient en quantité sur pied et dont on ne tira qu'un mauvais bois de chauffage.

   Les Allemands avaient cédé la place aux réfugiés, partis avec les deux invasions allemandes de septembre 14 et mai 18, pressés de recouvrer leur habitation. Mais hélas, dans quel état la retrouvaient-ils: souvent vide de meubles et à peu près inhabitable; quand elle n'était pas démolie. Les habitants procédèrent d'abord à de hâtifs travaux de couverture: c'étaient les plus hâtifs. Puis on allait quêter dans le pays, trouvant une table ici, un lit là, s'appropriant le tout sans scrupules. La guerre avait démoralisé la plupart qui avaient perdu la notion du tien et du mien comme du bien et du mal et dont le principe était: nécessité fait foi!

   Beaucoup de gens sans scrupules montèrent leur ménage de la dépouille des autres car chacun n'était pas en mesure de faire la preuve de ses droits.

   Après la guerre, comme on manquait de main d'œuvre pour purger les champs et les bois des fils de fer barbelés, obus non éclatés et autres débris de guerre et aussi pour ramasser les cadavres enterrés sur place, on fit venir des Chinois. Mais mal recrutés, ils coutèrent bien cher et furent une charge plutôt qu'un secours.


            Stigmates de la guerre

  Rue St Gervais

 Quartier de l'église

 Le presbytère, bureau de la 1ère CM